S Amélioration de la qualité des soins : mesurer les résultats des soins qui importent au patient - Elsan
16 MAI 18 0 commentaire
Amélioration de la qualité des soins : mesurer les résultats des soins qui importent au patient

Amélioration de la qualité des soins : mesurer les résultats des soins qui importent au patient

On invoque souvent « l’égal accès aux soins » en présumant qu’ils sont partout d’égale qualité. En Grande-Bretagne, le taux de mortalité à cinq ans pour le cancer colorectal varie du simple au double selon l’établissement où le patient est orienté. La mesure des résultats des soins par le patient reste une des faiblesses du système français. L’utilisation d’indicateurs de résultats par pathologie permettrait aux usagers du système de santé de s’orienter de manière éclairée, et aux équipes soignantes d’interroger leurs pratiques, se former, et progresser.

 

A l’heure de la transformation du système de santé annoncée par le Premier Ministre, la conférence internationale Shifting to Value Based Health Care: From Theory to Practice se tient à Paris le 16 mai 2018 dans le Grand Auditorium du Conseil Economique, Social et Environnemental. Cette conférence présentera des actions concrètes de mesure des résultats des soins en Allemagne, Suède, Pays-Bas, Grande Bretagne, Etats-Unis, Israël, France, etc. La conférence réunira 300 experts et 30 décideurs issus de 10 pays directement impliqués dans l’émergence de systèmes de santé fondés sur la valeur et la pertinence des soins. L’événement est organisé par la Chaire Management de l’Innovation de la Faculté de médecine de l’Université Paris-Descartes, en partenariat avec l’ONG International Consortium for Health Outcomes Measurement (ICHOM). Parmi les organisations participantes, on compte la HAS, l’OCDE, la CNAMTS, la Commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale, mais également Harvard Medical School, Karolinska Institute, European Patients’ Forum, etc.

 

– 87 % des Français souhaitent que les hôpitaux rendent publics leurs résultats en matière de qualité des soins[1] ;

– 23 pathologies disposent d’indicateurs standardisés à l’échelle internationale, soit 54% du fardeau mondial évalué par l’OMS ;

– Le registre Européen sur la cataracte a permis de diviser par trois le nombre d’infections post-opératoires entre 2008 et 2016 ;

– Aux Pays-Bas, le registre national du cancer colorectal a permis de diminuer de 40% le taux de mortalité intra-hospitalière en seulement 4 ans, générant ainsi une économie de 20 millions d’euros par an.

 

Les registres de résultats par pathologie sont associés à une réduction des taux de mortalité, de complications, de ré-hospitalisations, ce qui bénéficie aux patients tout en générant des économies pour le système de santé. Afin de faire émerger ces registres par pathologie, l’International Consortium for Health Outcomes Measurement (ICHOM) – ONG sans but lucratif – produit et diffuse des instruments standardisés, validés à l’échelle internationale. Cette méthodologie croise l’évaluation par le patient de ses scores fonctionnels et/ou de sa qualité de vie, avant, pendant et après le traitement, ainsi que les données cliniques documentées par l’équipe médicale dans le dossier patient. A travers ces mesures standardisées, les établissements peuvent ainsi comparer leurs résultats à une moyenne internationale.

 

A Nantes et Limoges, des patients opérés de la cataracte sont déjà directement impliqués dans la mesure des résultats avant et après leur chirurgie. Pionnière en France, cette initiative d’ELSAN est portée par les équipes de Sourdille-Atlantique et Chénieux Ophtalmologie (20 000 cataractes par an). Le patient répond à 9 questions sur sa vision au quotidien, avant la chirurgie du premier œil et dans les trois mois après celle du deuxième œil. Il attribue un score de 1 à 4 sur sa capacité à lire le journal, reconnaître le visage des personnes, détecter le relief au sol, etc. L’écart des scores avant et après la chirurgie permet de mesurer la valeur ajoutée du traitement pour le patient dans sa vie quotidienne. Chacun reste libre de partager ou non ses résultats avec ses pairs. La collecte des données est dématérialisée. Cette démarche est source d’émulation collective : elle renforce l’esprit d’équipe autour de l’amélioration de la qualité.

D’autres sites Français se lancent dans des pilotes ICHOM de mesure des résultats, tels que l’Institut de Cancérologie de l’Ouest (Nantes) et la Centre Léon Bérard (Lyon), la Clinique Victor Hugo (Le Mans / un établissement d’ELSAN), ou l’IHU de Strasbourg. Issus d’établissements publics et privés, ces pilotes annoncent un changement de paradigme fondé sur une culture du résultat, de la transparence et l’implication du patient dans l’évaluation des soins.

 

[1] Sondage Odoxa pour la FHF réalisé le 15-16 novembre 2017 sur un échantillon représentatif de 983 Français (méthode des quotas).


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