S Guillaume-de-Varye : la mystérieuse momie passe au scanner - Elsan
19 OCT 18 0 commentaire
Guillaume-de-Varye : la mystérieuse momie passe au scanner

Guillaume-de-Varye : la mystérieuse momie passe au scanner

Une part de mystère enveloppe la momie du musée du Berry, à Bourges. Datée du IIIe siècle avant notre ère, elle s’apprête à passer un scanner à la clinique de Saint-Doulchard.

 

Un patient égyptien un peu particulier a rendez-vous à la clinique Guillaume-de-Varye de Saint-Doulchard. Son nom : Djedhor. Son âge : plus de 2.300 ans. Le 5 novembre, la momie va quitter son cercueil et le musée du Berry où elle est exposée. Confiée aux mains de spécialistes, elle va suivre une batterie d’examens, notamment un scanner, pour tenter de percer les mystères d’une pièce qui, par le passé, a déjà parlé.

 

À la fin des années 1980, grâce à la lecture faite des hiéroglyphes présents sur l’ensemble funéraire par Michel Dewachter, égyptologue du Collège de France, un nom avait pu être mis sur cette momie. Les travaux du scientifique avaient également permis de la dater, en la replaçant dans l’époque ptolémaïque, soit au début du IIIe siècle avant notre ère.

 

« Un premier bilan radiologique réalisé en 1990 avait révélé qu’il s’agissait d’un homme ayant franchi la cinquantaine, atteint d’arthrose vertébrale et de scoliose et qui avait bénéficié d’une momification de bonne qualité avec éviscération abdominale et extraction crânienne, explique Laurence de Lamaestre, directrice adjointe du réseau des musées de Bourges. Avec les nouvelles technologies, notamment l ’utilisation d’images en 3D, nous allons pouvoir affiner nos connaissances. »

 

Le temps des études s’ouvrira ensuite pour une équipe composée d’un archéo-anthropologue du service d’archéologie préventive de Bourges plus et d’universitaires bordelais, spécialistes de l’imagerie médicale appliquée à l’archéologie.

 

Parce que ce transfert vers Saint-Doulchard concerne « une pièce fragile » selon Pierre-Antoine Guinot, adjoint à la ville de Bourges en charge du patrimoine, toutes les précautions vont être prises. Après avoir examiné sous toutes ses coutures la momie les jours précédents – des morceaux de textiles seront prélevés –, une restauratrice spécialiste des restes humains égyptiens interviendra pour préparer le départ vers l’hôpital privé. Délestée de son masque, la momie sera installée sur une civière protégée de mousse, avant d’être placée dans un sac hermétique.

 

De retour au bercail, Djedhor n’en aura pas pour autant fini avec les experts. Une spécialiste des bois polychromes va se pencher sur le cercueil qui, en traversant les millénaires, a perdu de son éclat.

 

« Il s’agit d’un assemblage de bois qui souffre de désordres structurels, reprend Laurence de Lamaestre. Dans les années 1980, un nettoyage avait été réalisé, avec notamment l’application d’un vernis trop épais. Celuici va être repris. »

 

Financée à 20 % par la ville de Bourges, à 40 % par la Direction régionale des affaires culturelles et à 40 % encore par la Région Centre-Val de Loire au titre du fonds régional d’aide à la restauration – ce montage financier a fait l’objet d’une délibération, en septembre, lors du conseil municipal –, la mission Djedhor a été chiffrée à 8.296 euros hors taxe. « Il le vaut bien, glisse Pierre-Antoine Guinot. C’est l’une des pièces parmi les plus importantes de nos collections. »

 

 

 

© Le Berry Republicain – Mercredi 17 octobre 2018 – Benjamin Gardel


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