05 JUIL 16 0 commentaire
Le cancer du poumon opéré sans ouvrir le thorax

Le cancer du poumon opéré sans ouvrir le thorax

Moins invasive, la chirurgie vidéo-assistée permet d’extraire une tumeur sans découper la cage thoracique. Elle est pratiquée dans deux cliniques, à Brest et Quimper.

 

L‘initiative

La chirurgie vidéo-assistée est une nouvelle technique pour traiter le cancer du poumon. Elle permet d’extraire une tumeur sans découper la cage thoracique. Au lieu d’ouvrir le thorax, on réalise trois petites incisions dans lesquelles on introduit une caméra vidéo et différents outils. Un travail minutieux permet ensuite de prélever un morceau du poumon touché et de le retirer du corps par les incisions. Cette technique est indiquée pour des tumeurs localisées de moins de 3 cm.

 

Moins douloureux

Avec cette chirurgie moins invasive, plus besoin d’écarter des côtes, de couper des muscles ou des nerfs. Les douleurs postopératoires sont réduites. Et le rétablissement plus rapide. Pour soulager les douleurs, la péridurale est utilisée au lieu de la morphine. Dès le lendemain, le patient remarche, ce qui réduit les risques de complication de moitié. Il gagne deux à trois jours d’hospitalisation. Et peut poursuivre rapidement les traitements par une radiothérapie ou chimiothérapie.

 

Jusqu’à récemment, la chirurgie vidéo-assistée n’était pratiquée qu’à Rennes et Nantes. Elle l’est depuis deux ans par les quatre chirurgiens thoraciques privés du Finistère, qui sont « à la pointe dans ce domaine » : Nicolas Salley et Christophe Lancelin à la clinique du Grand-Large, à Brest ; Jean-Louis Fasquel et Antoine Paumier, à la Polyclinique Quimper-Sud. Ils ont créé une fédération, informelle, de chirurgie thoracique finistérienne. Pour ces praticiens, dont certains se connaissent depuis la faculté, c’est l’occasion d’un « partage d’expériences et de nouvelles technologies ».

 

250 patients en Finistère

Chaque année, entre 35 000 et 40 000 nouveaux cas de cancers du poumon sont déclarés. Le tabagisme en est la cause principale. C’est le premier cancer en termes de mortalité.

 

Il touche surtout les hommes, entre 55 et 65 ans. Mais, en vingt ans, il a triplé chez les femmes. Et 25 % des moins de 18 ans fument. Cette maladie silencieuse est souvent diagnostiquée à un stade très, voire trop, avancé. Il n’existe pas de dépistage précoce comme pour le cancer colorectal.

 

Les chimiothérapies ou la radiothérapie permettent des rémissions temporaires. « Pour une guérison, la chirurgie reste le traitement de référence. Les chances de survie évoluent entre 25 et 70 %, selon l’état de la tumeur », expliquent les chirurgiens. Chaque semaine, à Brest et Quimper, des réunions de concertation pluridisciplinaires réunissent les praticiens du privé et du public pour décider des traitements.

 

Mais moins de 25 % des malades peuvent être opérés. Soit 150 patients par an à la clinique du Grand-Large et 100 à la Polyclinique de Quimper. La chirurgie vidéo assistée représente 20 % des actes de chirurgie de cancer du poumon des deux établissements. L’arrivée prochaine de la vision en 3D facilitera les gestes des chirurgiens.

 

© Ouest-France – 29-06-16 – Par Laurence Guilmo

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