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Opération sous hypnose pour patients zen

Opération sous hypnose pour patients zen

Éviter une anesthésie générale aux patients fragiles et permettre une récupération plus rapide après l’intervention sont des atouts indéniables d’une opération chirurgicale menée sous hypnose. À la clinique Urbain V d’Avignon, deux anesthésistes sont formés à cette technique qu’ils utilisent depuis 2012, les docteurs Chabrol et Bonnijol.

 

Pour le docteur Jean-Luc Chabrol, l’hypno-sédation n’a rien de magique. « L’esprit est incapable de se focaliser sur plusieurs choses en même temps. C’est pourquoi, lorsque l’on réalise une hypno-sédation, on focalise l’esprit du patient sur un souvenir positif afin d’aboutir à une dissociation ». Une partie de l’esprit du patient va ainsi être captée et va visualiser ce souvenir. C’est ce que les professionnels appellent la « transe hypnotique ».

 

Des mastectomies sous hypnose

 

La plupart des interventions qui sont réalisées sous hypnose concernent des opérations peu douloureuses, « mais on peut également envisager certains parcours de soins très lourds » souligne le docteur Chabrol. Ponction d’ovocytes dans le cadre de Fécondation in vitro (FIV), pose de chambre implantable en vue de protocole de chimiothérapie, coloscopie, gastroscopie, hystérectomie voire tumorectomie du sein.

 

« Offrir aux patients une intervention sous hypnose joue beaucoup sur leur anxiété » rappelle Nicolas Sterkers. Gynécologue au sein de l’établissement avignonnais du groupe Elsan, il se dit « très impressionné » par le confort de travail d’une intervention sous hypnose. « Tout est calme, c’est très agréable et très gratifiant car on met réellement le patient dans un esprit très positif. D’ailleurs, après une intervention sous hypnose, les patients nous remercient ! ».

 

Être capable de supporter une dose de douleur

 

Le plus difficile selon lui ? « Que le patient arrive à choisir son “voyage”, le souvenir positif sur lequel l’anesthésiste va l’aider à focaliser son esprit ». D’après une étude menée par la clinique Elsan Urbain V d’Avignon lors des premières poses de chambres implantables, 90 % des patients étaient satisfaits et se disaient prêts à recommencer. Sur les 90 patients de l’étude, 60 % d’entre eux avaient atteint l’état de transe hypnotique.

 

Attention tout de même. Subir une intervention sous hypnose ne s’adresse pas à tous. Selon le docteur Chabrol, « 20 % de la population n’est absolument pas réceptive à l’hypnose. 15 % est au contraire très très réceptive et le reste est simplement réceptive ».

 

Le patient doit être bien préparé et savoir notamment qu’ils ressentiront quelque chose durant l’intervention. « Il faut des patients plutôt “zen” et capable de supporter une dose de douleur » souligne le praticien qui rappelle tout de même que tout est prêt dans le bloc opératoire pour pouvoir, en cas de besoin, procéder à une anesthésie générale.

 

 

© Vaucluse Matin – vendredi 25 août 2017

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