08 NOV 17 0 commentaire
Ovaires poly-kystiques : retrouver l’estime de soi

Ovaires poly-kystiques : retrouver l’estime de soi

Des médecins en lien avec la clinique Bretéché prennent en charge les femmes atteintes du Syndrome des ovaires poly-kystiques, dans le cadre d’une éducation thérapeutique du patient.

 

Elles souffrent de SOPK, le Syndrome des ovaires poly-kystiques. Ce syndrome, souvent ignoré, mal diagnostiqué, touche 6 à 10 % des femmes en France. Le Syndrome des ovaires poly-kystiques retentit sur plusieurs aspects de la santé féminine. On constate un trouble de l’ovulation, se traduisant par une absence ou quasi-absence de règles. Il y a aussi une hyperandrogynie avec souvent une acné forte, une peau grasse. Autre symptôme : un excès de poils (hyperpilosité) ainsi qu’une chute anormale de cheveux.

 

Problème, la prise en charge souvent n’est pas satisfaisante. Pour y remédier, le Dr Stéphanie Proust et le Dr Jean-Marc Chavigny ont mis en place, en lien notamment avec la clinique Bretéché, un groupe de paroles et plusieurs ateliers thérapeutiques.

 

Stérilité

Un excès de poids accompagne quasi constamment la maladie. « 50 à 70 % des femmes atteintes d’un Syndrome des ovaires polykystiques accusent un excès pondéral majeur. Beaucoup sont obèses, bien que l’obésité n’ait pas de rôle causal dans le développement du syndrome et soit uniquement la conséquence de l’insulinorésistance.» De ce fait, les patientes peuvent avoir plusieurs pathologies associées à l’obésité : hypertension, diabète, apnée du sommeil, problème osseux, articulaires… On considère « qu’une stérilité est présente, suivant les études, dans 20 à 74 % des cas. Cette infertilité est liée à une absence d’ovulation conséquence des désordres hormonaux », précise le Dr Stéphanie Proust.

 

Bien souvent, une des solutions est une perte du poids. « Avec 10 % de perte de poids, elles retrouvent des ovulations spontanées et de bonne qualité, explique Stéphanie Proust. L’infertilité est une porte d’entrée, mais elles doivent auparavant reprendre confiance en elles. » Car ces femmes qui ont le SOPK ont une estime d’elle-même très basse. « Il faut apprendre aux patientes à être autonomes, comment aller bien », souligne le Dr Chavigny. Comme les symptômes liés à la SOPK sont divers, une prise en charge multidisciplinaire est proposée. Outre les Dr Stéphanie Proust et Jean-Marc Chavigny, Nelly Fabre, sexologue, Mickaël Vadepied, sophrologue, Fanny Cotonea, psychologue interviennent côte à côte. « L’aspect psychologique est très important. La puissance d’un groupe permet de reprendre confiance. » « On n’est plus seul », réagit Émilie, 28 ans. Elle participe au groupe de paroles et apprécie la démarche.

 

« Je suis tombée de haut »

Son SOPK, elle l’a découvert en répondant à trois questions posées par le Dr Chavigny. « J’avais des problèmes de peau, de kystes. Quand j’ai appris que j’avais le SOPK, je suis tombée de haut. C’est une maladie pas reconnue. Personne n’en parle. »

 

Sa prise de poids remonte à son enfance, après le décès de son grand-père. Ses efforts sur la nourriture ne portent pas.

 

Émilie met beaucoup d’espoir dans la démarche horizontale, interdisciplinaire qui comprend des modules sur l’estime de soi, la compréhension de la maladie, l’infertilité. Les réunions de groupe et les ateliers ont lieu à la clinique Bretéché. Et cette démarche se fait en lien avec le service d’endocrinologie du CHU de Nantes, l’association SOPK France, certaines mutuelles et avec la mairie de Nantes.

 

© Ouest France – 31-10-17 – Par Philippe GAMBERT

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