08 DéC 16 0 commentaire
Pour que fumer ne reste qu’un souvenir

Pour que fumer ne reste qu’un souvenir

C’est un peu une renaissance. Pour Aude Frilleux et Sophie Mayre, l’arrêt de la cigarette, depuis un peu plus de deux mois pour la première et un mois pour la seconde, a changé leur vie. « Je ne tousse plus la nuit. J’ai retrouvé le souffle et l’odorat », constate Sophie Mayre. « Je suis plus calme » , assure Aude Frilleux. Comme une dizaine d’autres salariés de la clinique des Cèdres, les deux femmes participent à l’opération nationale « Moi (s) sans tabac ». « C’est une démarche forte de la direction auprès du personnel qui a offert un mois de traitement par patch à chaque salarié qui s’ inscrivait à cette opération »,  explique Delphine Auboiroux, infirmière et référente pour la prévention et l’information des maladies liées au tabac.

 

Arrêter de fumer, c’est changer son quotidien. Si cette opération a été le déclencheur pour arrêter de fumer, chacun a ses raisons propres pour mettre les cigarettes de côté. « C’est avant tout pour le budget. Je fumais entre 5 et 10 blondes par jour depuis 13 ans », glisse Aude Frilleux.

Sophie Mayre, fumeuse depuis l’âge de 15 ans, a dit stop pour préserver sa santé. Arrêter de fumer, c’est surtout changer son quotidien. « Je fumais principalement en parcourant les réseaux sociaux sur mon téléphone portable. Alors, j’ai décidé de supprimer cette habitude. Je consulte moins mon téléphone », sourit Sophie Mayre.

« Moi je triche un peu. En plus du patch, je vapote, essentiellement dans ma voiture. C’est là que je fumais le plus pour passer le temps puisque j’ai une heure de trajet pour rentrer chez moi après le travail », avoue Aude Frilleux. Elle est tout de suite dédouanée par Delphine Auboiroux : « Vapoter, ce n’est pas tricher. C’est un substitut comme un autre. Arrêter brutalement reste toujours très compliqué ».

 

L’infirmière tabacologue de la clinique des Cèdres avait rencontré en amont les personnes désireuses de participer à l’opération lors d’un entretien pour évaluer leur dépendance, leurs habitudes de vie et leur motivation. Ici, on parle bien de motivation pour arrêter de fumer, pas de volonté. Sophie Mayre, elle, puise sa motivation à travers les réflexions de son fils : « Tu sens bon, tu ne sens plus la cigarette ».

Pour les deux femmes, ces premières semaines de sevrage se déroulent pour le mieux. « La cigarette ne me manque pas. J’ai retrouvé le sommeil. J’ai eu des pulsions pour reprendre lors de la première semaine, mais c’est vite passé. Ce qui m’aide beaucoup aussi, c’est l’affichette où je coche chaque jour écoulé sans fumer », explique Sophie Mayre. « Plus que la nicotine, c’est le geste de fumer qui me manque. Un geste que je garde en vapotant », souligne Aude Frilleux. « J’ai retrouvé le souffle, l’odorat et le sommeil » Bien sûr, il y a les effets négatifs de l’arrêt de la cigarette comme la prise de poids, mais ce n’est presque rien comparé aux bénéfices futurs sur la santé (voir par ailleurs).

 

À la fin du mois, un bilan a été établi avec chaque participant de l’opération. « Une prescription de patchs par un cardiologue leur permettra de poursuivre leur sevrage qui est d’environ trois mois selon la dépendance à la nicotine », précise Delphine Auboiroux. Alors pourquoi l’opération, inspirée d’une démarche anglosaxonne qui existe depuis cinq ans, ne dure qu’un mois ? « Une étude a montré qu’une personne qui arrête de fumer pendant un mois multiplie par cinq ses chances d’arrêter définitivement », constate l’infirmière tabacologue. Sophie Mayre avait bien arrêté de fumer pendant trois ans il y a quelques années, mais cette fois-ci l’aide-soignante en est sûre et certaine, ce sera la bonne, tout en regrettant de ne pas avoir pris cette décision plus tôt. ■

 

Les bénéfices de l’arrêt de la cigarette sur la santé au fil du temps :

20 minutes après la dernière cigarette, la pression sanguine et les pulsations du coeur redeviennent normales.
8 heures après la dernière cigarette, la quantité de monoxyde de carbone dans le sang diminue de moitié. L’oxygénation des cellules redevient normale.
24 heures après la dernière cigarette, le risque d’infarctus du myocarde diminue déjà. Les poumons commencent à éliminer le mucus et les résidus de fumée. Le corps ne contient plus de nicotine.
48 heures après la dernière cigarette, le goût et l’odorat s’améliorent. Les terminaisons nerveuses gustatives commencent à repousser.
72 heures après la dernière cigarette, respirer devient plus facile. Les bronches commencent à se relâcher et on se sent plus énergique.
2 semaines à 3 mois après la dernière cigarette, la toux et la fatigue diminuent. On récupère du souffle. On marche plus facilement.
Un à 9 mois après la dernière cigarette, les cils bronchiques repoussent. On est de moins en moins essoufflé.
Un an après la dernière cigarette, le risque d’infarctus du myocarde diminue de moitié. Le risque d’accident vasculaire cérébral rejoint celui d’un non-fumeur.
5 ans après la dernière cigarette, le risque de cancer du poumon diminue presque de moitié.
10 à 15 ans après la dernière cigarette, l’espérance de vie redevient identique à celle des personnes n’ayant jamais fumé.

© La Montagne – 03-12-16 – Par Frédéric Rabiller

 

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