23 NOV 17 0 commentaire
Les premiers bébés « AMP » de la Polyclinique Majorelle fêtent leurs 20 ans !

Les premiers bébés « AMP » de la Polyclinique Majorelle fêtent leurs 20 ans !

La Polyclinique Majorelle à Nancy démarre les activités d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP) en octobre 1996. Le centre AMP fête donc cette année les 20 ans des premiers bébés nés en 1997. A ce titre, une soirée médicale sur le thème de l’Assistance Médicale à la Procréation est organisée ce jeudi 30 novembre au Jardin des Carrières.

 

 

Dès 1994, les Dr David Abensour et Jean Cinqualbre envisagent de proposer la prise en charge des couples infertiles dans leur nouvelle clinique, l’offre des soins n’existant que sur le secteur public.  Les Dr Michel Clédat (gynécologue) et Jean-Marcel Paulus (biologiste) obtiennent enfin les agréments nécessaires et ils créent le centre « AMP Majorelle » en 1996. C’est le 3 octobre qu’ils réalisent la première ponction FIV et le premier bébé (Pierrick) naît en mai 1997.

 

 

Que de chemin parcouru depuis !

 Le centre AMP Majorelle, lui aussi, a grandi : à peine 100 ponctions réalisées fin 1997, il franchira le cap des 450 ponctions cette année. Ce sont près de 3000 bébés qui sont nés grâce aux différentes techniques d’AMP.

 

Les Dr Ségolène Thouvenot, Mathilde Werner et Emeline Schmutz ont succédé aux Dr Michel Clédat, Jean-Pierre Masséhian et Laurent Lecoanet. Le laboratoire d’AMP a vu l’arrivée des Dr Sandrine Lerond et Alexandra Meyer.

 

L’équipe clinico-biologique, outre 4 techniciennes et 2 secrétaires est entourée d’une psychologue et de radiologues. Elle s’appuie également sur un réseau de gynécologues libéraux participant à l’activité d’insémination ainsi que d’urologues, d’oncologues, d’infectiologues et de généticiens.

 

 

15 à 20% des couples sont touchés 

 Les causes d’infertilité peuvent être d’origine féminine, masculine, mixte ou inexpliquée. La baisse de la fertilité est liée à des facteurs hormonaux, infectieux, génétiques, fonctionnels, organiques, tumoraux mais aussi environnementaux. En effet, la responsabilité du tabac, de l’alcool et plus largement des perturbateurs endocriniens et autres polluants est désormais clairement établie.

 

L’évolution du mode de vie contribue également au recours plus large à l’AMP : profession « primant » sur conception, on constate un recul inexorable de l’arrivée de la première grossesse. Ainsi, plus l’âge maternel augmente, plus les chances de concevoir un enfant baissent.

 

 

Une prise en charge pluridisciplinaire

En premier lieu, le rôle du gynécologue est de déterminer les causes de l’infertilité afin de décider de la prise en charge la plus adaptée. L’investigation clinique associe de nombreux examens tant chez l’homme (spermogramme) que chez la femme (bilan hormonal, échographie, hystérosalpingographie). A la lumière de ces résultats et en fonction des souhaits du couple, de l’âge maternel et de la durée d’infertilité, la prise en charge adéquate est discutée lors de Réunions hebdomadaires de Concertation Pluridisciplinaire (RCP).

Différentes possibilités s’offrent aux couples, qui vont de la stimulation ovarienne simple à des techniques plus sophistiquées, discutées avec l’équipe biologique.

L’accompagnement psychologique est un aspect essentiel également pris en compte, tant l’investissement moral est important pour les couples confrontés aux problèmes d’infertilité. La psychologue attache une attention particulière à les écouter, à évaluer leur ressenti et à alerter au besoin l’équipe médicale sur une situation délicate.

Au sein de cette spécialité où les techniques et les connaissances ne cessent de progresser, l’équipe est attentive à procurer aux couples une prise en charge de qualité. Leur bien-être est primordial sachant que le parcours est souvent comparé à celui du « combattant ». Les rassurer, tout au long de ces examens et de ces traitements complexes, est une priorité pour tous les intervenants : cliniciens, biologistes et soignants de la Polyclinique Majorelle.

 

Les techniques d’AMP

 Il existe différentes techniques d’AMP :

  • L’insémination intra utérine (IIU) où le sperme est préparé au laboratoire de façon à sélectionner et concentrer les spermatozoïdes les plus mobiles qui seront injectés dans l’utérus à l’ovulation. On parle d’insémination avec le conjoint (IAC) ou avec donneur (IAD).
  • La fécondation in vitro classique (FIV) où le sperme (préparé de la même façon) est mis en contact avec les follicules recueillis, sur un cycle stimulé, au cours de la ponction ovarienne écho guidée. Les gamètes sont incubés à 37°C et les embryons obtenus seront transférés ou congelés.
  • La fécondation in vitro avec injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde (ICSI) où un spermatozoïde va être injecté directement dans l’ovocyte grâce à un micromanipulateur associé à un microscope. L’incubation des ovocytes injectés est identique à la FIV.

Le transfert embryonnaire est réalisé à J2 après ponction (Stade 4 cellules), à J3 (stade 8 cellules) ou à J5 voire J6 (stade blastocyste). Un ou deux embryons sont transférés au maximum. La pratique du transfert d’un seul embryon est de plus en plus répandue pour diminuer le risque de grossesse gémellaire.

 

La congélation et la cryoconservation des embryons surnuméraires seront pratiquées si la cohorte est suffisante. Ces embryons pourront être décongelés et transférés ultérieurement. La congélation réalisée de façon ultra rapide est appelée vitrification : l’embryon dans sa paillette est plongé directement dans l’azote liquide. Elle permet une meilleure survie des embryons et offre de très bons résultats. Cette technique permet également de congeler les ovocytes.

La congélation et la cryoconservation de spermatozoïdes est pratiquée pour anticiper la dégradation du sperme au décours d’une prise en charge AMP et disposer ainsi de paillettes de sperme de « secours ».

Le laboratoire a également l’agrément pour la conservation de gamètes et tissus germinaux (ovocytes et spermatozoïdes) dans le cadre de la préservation de la fertilité avant traitement stérilisant.

 

 

Perspectives

 Au-delà des améliorations sans cesse nécessaires des pratiques, le Centre AMP Majorelle a pour ambition de développer la prise en charge, chez la femme et chez l’homme, de la préservation de la fertilité en cas de découverte de pathologie tumorale et avant mise en place de chimiothérapie ou radiothérapie. Des liens sont établis avec certains spécialistes (oncologues, andrologues) et par le biais du réseau Oncolor.

 

Le développement des activités de ponction testiculaire doit également être envisagé à moyen terme pour permettre la prise en charge de certaines indications masculines d’azoospermie (absence de spermatozoïdes éjaculés).

 

Enfin, les équipes sont attentives à la prochaine révision de la loi de Bioéthique. Actuellement, seuls les couples hétérosexuels, dont la femme a moins de 43 ans peuvent prétendre, en raison de leur infertilité à l’assistance médicale à la procréation. Qu’en sera-t-il en 2018 ?

 

 

A propos du centre AMP de la Polyclinique Majorelle 

Les activités d’AMP sont soumises à autorisation et à évaluation par l’agence de la Biomédecine.

 

En 2016, le Centre AMP Majorelle a réalisé un peu plus de 300 inséminations avec un taux de 13.5% de grossesse. Concernant les ponctions FIV et ICSI, environ 400 tentatives et 200 décongélations d’embryons ont été pratiquées avec un taux global de 35% de grossesse par transfert. En optant pour la stratégie du transfert d’un seul embryon dans les premières tentatives, le taux d’accouchement gémellaire est très bas, proche de 6%. Au final, chaque année, ce sont 150 bébés qui viennent, en moyenne, combler les nouveaux parents dont les témoignages empreints de gratitude constituent pour les équipes une très grande motivation.

 

Ces résultats sont encourageants et situent le centre au-delà de la moyenne nationale. Les équipes, loin de s’en satisfaire, sont conscientes qu’il existe toujours des marges de progression : aux gynécologues de proposer des traitements adaptés et personnalisés et au laboratoire d’optimiser les conditions de culture embryonnaire.

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