30 JUIL 16 0 commentaire
Sarcelles : l’hypnose pour soulager les patients atteints du cancer

Sarcelles : l’hypnose pour soulager les patients atteints du cancer

« Ce n’est pas un état de sommeil mais un état de conscience modifiée. » De sa voix posée, Nathalie Pommier, 31 ans, énonce ce qu’est l’hypnose. La trentenaire, manipulatrice en radiothérapie au Centre de cancérologie de Paris nord à Sarcelles, propose d’hypnotiser les patients qui viennent recevoir leur dose de rayons. Ce n’est pas de la magie. Au contraire, cela permet aux patients de mieux vivre les effets secondaires dus aux radiations.

 

« Cela les aide aussi à se détendre », ajoute la professionnelle. Le patient va aller chercher au fond de lui-même des ressources pour se dissocier de son symptôme et le percevoir différemment. » Depuis six ans, Nathalie Pommier travaille dans cet hôpital privé. Son métier consiste à installer les patients sur les machines, à les mettre en marche pour administrer la dose de rayons prescrite. Mais elle voulait offrir plus. « Je me suis dit que l’hypnose avait toute la place en cancérologie. Le métier de manipulateur est très technique. Je voulais aider les patients au-delà du traitement. » Elle ne force personne et évacue, au passage, les idées reçues. « Ce n’est pas le praticien qui emmène le patient là où il veut. C’est le patient qui le fait. » Soit elle, soit ses collègues, repèrent des personnes qui pourraient tirer un bénéfice de l’hypnose et leur propose. Ainsi, elle raconte l’histoire de cet homme qui devait porter un masque entourant et immobilisant toute sa tête lors des trente-cinq séances programmées. Or il était claustrophobe. « Il ne supportait pas. Avant l’hypnose, il prenait des calmants. Après il n’en prenait plus. »

L’un des cancérologues du service, le Dr Cyril Laporte, est formel : « sans l’hypnose, ce patient n’aurait jamais pu suivre les séances de radiothérapie. » Pour l’heure, la manipulatrice est en formation jusqu’en 2017. Mais les enseignants l’incitent à pratiquer. Au centre de cancérologie, on envisage de développer la pratique avec « une ou deux demi-journées par semaine réservées à l’hypnose », conclut le cancérologue. Comment se passe une séance ? Avant d’entrer dans le vif du sujet, Nathalie Pommier commence par prendre beaucoup de temps pour découvrir son patient. Elle s’assied de trois quarts par rapport à lui. « Je lui pose des questions sur sa vie, son métier, sur ses passions. Si c’est quelqu’un de plutôt visuel, auditif… » Ça l’aide pour la suite. Après tout se passe par la parole. « Il n’y a pas de formule particulière. Il faut parler de manière positive et toujours laisser le choix. »

 

La praticienne demande au patient de se focaliser sur un point visuel dans le bureau où se fait la séance ou alors sur son corps ou ses sensations. C’est ainsi que Nathalie Pommier arrive à détendre le patient mais aussi à faire diminuer la douleur. « On peut utiliser un stylo pour faire croire qu’on administre un anesthésiant. » Ou alors, c’est la technique du « gant » qui est utilisée. « Je lui demande d’enfiler un gant imaginaire.

Un gant doté d’un pouvoir anesthésiant. Et ce gant petit à petit va l’aider à ressentir l’anesthésie qui va se transmettre à la zone douloureuse. Soit il touchera cette zone, soit cela se fera par déplacement mental de l’anesthésie. » L’hypnose induit une distorsion du temps. C’est ainsi que Nathalie Pommier sait si le patient est entré en hypnose. « Il ne sait jamais combien de temps il est parti dans sa petite bulle. » Les séances durent une heure pour quinze à vingt minutes d’hypnose à proprement parler. Il faut ensuite revenir à la réalité. Une phase qui demande du temps et qu’il ne faut pas négliger.

 

Le Centre de cancérologie Paris nord à Sarcelles accueille 1400 patients par an. Parmi ceux-ci, 140 personnes sont traités chaque jour par des rayons. Sept cancérologues les soignent. Selon le Dr Cyril Laporte, l’hôpital privé est « le seul en Île-de-France à réunir autant de technicités sur un même lieu géographique ». Le centre regroupe trois accélérateurs de particules (pour les rayons), trois scanners, deux IRM, deux appareils à scintigraphie et une mammographie. Chose rare pour un hôpital privé, ce centre accueille une unité de recherche et a reçu depuis peu l’agrément pour former un interne en cancérologie. Cet établissement appartient au groupe Elsan, deuxième groupe d’hospitalisation.

 

© Aujourd’hui.fr – 11-07-16 – Par Sébastien Roselé

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