S Tabac : pour arrêter ensemble - Elsan
30 NOV 18 0 commentaire
Tabac : pour arrêter ensemble

Tabac : pour arrêter ensemble

Fumer est une addiction, arrêter est difficile. 23 salariés de la clinique Victor-Hugo ont décidé de relever le défi, ensemble. Une première au sein de l’établissement de santé.

 

Cela fait presque un mois que Sophie, Chrystèle et Anita ont cessé de fumer. Elles se disent mieux dans leur corps et se sentent « fières »« Au bout d’une dizaine de jours, j’ai retrouvé l’odorat et le goût », confie Sophie qui fumait 8 à 10 cigarettes par jour.

 

Anita, un paquet et demi par jour, et Chrystèle, 10 à 15 cigarettes quotidiennement, disent ne plus tousser ou beaucoup moins.«Ma toux était tellement forte le matin que j’en vomissais parfois », confie Anita, agent de services, qui allumait sa première cigarette à 5h30 en se levant. Depuis qu’elle ne fume plus, cette dernière a besoin d’avoir un paquet dans son sac. « Ça me rassure ». Chacun ses trucs pour tenir. Chrystèle, quant à elle, a redécouvert le plaisir de la marche rapide entre la gare et son lieu de travail. « J’ai davantage de souffle ».

 

Profitant de l’opération nationale Mois sans tabac, Sophie Gaillard, responsable qualité à la clinique Victor- Hugo-centre Jean-Bernard a décidé de proposer à ses collègues de relever ce défi ensemble.Une première à la clinique. «Personnellement, j’en avais marre d’être dépendante au tabac. Même quand mon fils m’a demandé d’arrêter de fumer, je n’ai pas réussi ». Elle a tenté à plusieurs reprises. Elle s’est dit que le faire en groupe, ce serait plus efficace. « Ça fait du bien,on sait qu’on n’est pas seul à en baver. On peut en parler », appuie Chrystèle.

 

« J’ai coché les jours »

Dès juin, Sophie a commencé à en discuter avec ses collègues.«Au départ, une dizaine de personnes étaient intéressées. Finalement, 23 se sont inscrites ». Tout le monde, durant ce mois, n’est pas parvenu à arrêter mais « certains ont beaucoup diminué », assure Sophie Gaillard.

Il faut souvent s’y reprendre à plusieurs fois avant de réussir à arrêter durablement. « Le tabac, c’est une addiction comme l’alcool. Nous demeurerons des ex-fumeurs à vie…». Chrystèle a vécu chaque heure passée sans fumer comme une victoire. « Il a fallu franchir le cap de la pause de midi », explique-t-elle. « Moi, j’ai coché les jours, cela m’a aidée », indique Anita. Toutes les trois rient en racontant qu’elles ont fait beaucoup de ménage chez elles pour oublier l’emprise du tabac.

« Parmi les salariés investis dans cette action, il y a plusieurs profils professionnels. Ce ne sont pas simplement des personnes impliquées dans le traitement du cancer. Cela paraît une évidence qu’un établissement spécialisé dans la prise en charge du cancer s’investisse, pourtant c’est une première », souligne le Dr Yoann Pointreau, onco-radiothérapeute.

 

Soutiens alternatifs

Ce dernier a prescrit patchs et gommes à ceux et celles qui sont venus le voir. « L’intérêt de cette action est qu’il y a eu de nombreux soutiens alternatifs qui ont été mis en place pour aider les fumeurs à arrêter », souligne le médecin. Séances d’hypnose prises en charge par la direction, rencontre avec une diététicienne, fourniture d’un kit d’aide à l’arrêt du tabac (balle antistress, tisanes détox, fruits secs), défis sportifs (stepper, vélo-blinder pour fabriquer son smoothie). Chrystèle, pharmacienne, a aussi fait profiter le groupe de ses connaissances en faisant découvrir les vertus du kudzu et de la griffonia.

Ce défi s’est achevé par une soirée bowling conviviale mercredi soir, « avec l’envie de le refaire l’an prochain », sourit Sophie Gaillard. Il n’est jamais trop tard pour arrêter le tabac.

 

 

© Le Maine Libre – Isabelle Julien – Vendredi 30 novembre 2018


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