01 DéC 15 0 commentaire
Tronquières : Soins esthétiques pour corps meurtris

Tronquières : Soins esthétiques pour corps meurtris

Un maquillage, un soin des mains ou du visage peuvent aider les malades à se réconcilier avec un corps éprouvé par le cancer et les traitements.

 

Dans le petit salon aux murs nus, elles sont quatre, assises dans de grands fauteuils blancs. Quatre femmes fatiguées qui discutent doucement, de leur maladie et de la vie qui continue, malgré les perfusions. Malgré le cancer.

Sur le visage de Béatrice, un sourire apparaît. « C’est fou ce que ça fait du bien, ça détend, ça délasse… » Même si elle a une petite préférence pour les soins du visage, c’est un massage des mains qu’elle a réclamé ce matin à Cécile Ricard. Pour hydrater sa peau, si sèche, et ses ongles, si fragiles. Et surtout pour le plaisir de retrouver des sensations oubliées depuis l’intrusion de la maladie dans sa vie de femme.

« Le corps subit beaucoup de dégâts avec le cancer et la chimiothérapie, explique Cécile Ricard. Il faut aider les patients à mieux s’accepter avec les mutilations, les convaincre qu’on peut les toucher sans leur faire mal. »

L’esthéticienne aurillacoise en a fait son métier. Lassée de « vendre du rêve » en institut, elle a suivi une formation en socio-esthétique dans une école spécialisée rattachée à la faculté de médecine de Tours. Elle y a acquis des connaissances en cancérologie, en psychologie, en dermatologie.

De retour dans le Cantal, il lui a fallu « un long travail de communication » pour faire connaître cette pratique professionnelle dans le milieu médical. Un travail qui finit par payer. En 2011, le CMC de Tronquières lui ouvre les portes des services d’oncologie et de chimiothérapie ambulatoire. Quatre heures par semaine, Cécile Ricard met ses compétences à la disposition des malades, gratuitement.

C’est le comité du Cantal de la Ligue contre le cancer qui finance ces soins de support, avec l’ambition de redonner aux malades une image positive d’eux-mêmes. « On traite le malade, pas seulement la maladie, approuve Michel Kareh, oncologue médical au CMC. Au-delà de l’acte technique, il nous appartient d’accompagner nos patients, de les aider à supporter le traitement moralement. »

En chimiothérapie, le mercredi, pour les femmes le plus souvent, pour des hommes plus rarement, cet accompagnement peut prendre la forme d’un soin, d’un modelage, d’un maquillage ou de simples conseils pour reconstruire un sourcil. Cécile Ricard s’adapte aux demandes des malades. Elle répond aussi aux suggestions des infirmières, qui peuvent l’orienter vers un patient qu’elles trouvent un peu tendu.

Elle a aussi ses habitués. Comme Sylvie. Deux cancers du sein en un an et un mauvais souvenir d’une hospitalisation à l’institut Curie. « Personne pour m’aider à faire ma toilette, à me laver les cheveux… J’étais dans un sale état. » Alors Sylvie savoure ce soin du visage que lui offre Cécile Ricard. « Comment ne pas apprécier ? Elle nous dorlote et pendant ce temps on s’évade… » Ce qui n’a « rien d’accessoire», insiste le docteur Kareh. « Qu’on s’occupe d’une patiente, ça l’aide à sentir qu’elle reste une femme. Ce n’est pas un luxe ! » •

 

© La Montagne – 13-11-15 – Par Isabelle Vachias

Ajouter un commentaire

Ajouter un message

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

Ce champ est obligatoire

 

Partager cet article avec un ami

Ce champ est obligatoire

Adresse e-mail invalide

Ce champ est obligatoire

Adresse e-mail invalide

Ce champ est obligatoire

 

Votre message a bien été envoyé.